Journal de survie #9 – “Pourquoi ils ne vont pas juste à la mer ?”

Il m’a posé la question sans prévenir, comme les enfants savent le faire.
Une question qui tombe au milieu du quotidien, entre un goûter et un Lego.

« Pourquoi les Russes font la guerre ? »

J’ai essayé de répondre simplement.
J’ai parlé de frontières, de dirigeants, de pays qui veulent devenir plus grands, d’un accès à la mer.
Des mots d’adulte. Des mots lourds.
Des mots qui, déjà, me semblaient trop compliqués pour dire quelque chose d’aussi absurde.

Il m’a écouté.
Puis il a haussé les épaules, comme si tout cela n’avait aucun sens.

Et il m’a dit :

« Mais pourquoi ils voyagent pas comme s’ils étaient en vacances pour aller au bord de la mer, au lieu de faire la guerre ? »

J’ai eu un silence.
Parce qu’il avait raison.
Parce qu’il venait de résumer, en une phrase, ce que les adultes refusent de voir :
que la guerre n’est pas une fatalité, mais un choix.
Un choix de quelques-uns, jamais de ceux qui la subissent.

Les enfants ne comprennent pas la logique de la guerre.
Et peut-être que c’est nous, les adultes, qui avons tort de la comprendre trop bien.

Peut-être qu’on devrait recommencer à poser ce genre de questions.
Des questions qui ne cherchent pas à expliquer, mais à rappeler l’essentiel :
qu’il y a toujours une autre voie.
Qu’on peut toujours choisir la mer plutôt que la violence.
Qu’on peut toujours voyager au lieu de détruire.

Ce jour-là, ce n’est pas moi qui ai expliqué le monde à mon fils.
C’est lui qui m’a rappelé ce qu’il pourrait être.


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